Érigée en station climatique le 9 août 1927, la commune de Bidart possède des sources qui, autrefois - alors qu’elles étaient encore potables - étaient reconnues.

Parfois situées près de lieux de culte, elles servaient à alimenter en eau la population locale, mais aussi les pèlerins sur le chemin côtier vers Saint-Jacques de Compostelle et une clientèle de curistes en raison de leurs vertus thérapeutiques pour les maladies des reins et de la peau.

En 1933, un Congrès International d’Hydrologie et de Climatologie Médicales réunit des médecins dans la salle des fêtes du Casino de la Roseraie d’Ilbarritz. On y évoqua la future « Station Hydrominérale » pour laquelle M. Cussac faisait la promotion : dès 1928, il avait signé une concession de 60 ans avec la municipalité propriétaire de la plupart des sources captées sur son territoire.

Parmi ces sources, on compte Contresta dénommée aussi « Source Royale », probablement à la suite du passage de Louis XIV en route vers Saint-Jean-de-Luz où il devait épouser l’Infante d’Espagne Marie-Thérèse.

Suite aux problèmes de manque de terrains et de saleté du lavoir-abreuvoir annexe, la concession devint caduque en 1959. C’est à cette époque que les pharmaciens Yves et André Prigent éditent « Les Sources de Bidart », petit opuscule qui vante les qualités de Contresta, Plazako Ithurria (source du lavoir derrière la mairie) et Juana en contrebas nord de la Chapelle de la Madeleine et du Mémorial pour la Paix.

La présence de sources à Bidart a été favorisée par la structure géologique : divers calcaires, marnes, argile, sable… dont les couches ont été inclinées lors de la formation des Pyrénées...

Près de Contresta, on trouve les sources Chailla et Cumba. En bas du village, la chapelle Ur Onea a été édifiée en 1704 à côté de la source du même nom.

 
En dehors de ces sources communales, il y en avait une privée : « Ramuntcho » exploitée par M. Jean Durquety à partir d’avril 1924 dans sa propriété Ximinxar. Il mettait l’eau en bouteilles, en gazéifiait une partie et fabriquait même de la limonade. On raconte que le personnel offrait aux visiteurs du pastis à l’eau gazeuse ! Le petit bâtiment néo-régionaliste du captage a disparu (emplacement de l’actuel EHPAD) et les chais sont devenus « Bil-Toki » (actuelle maison des associations et boulodrome).
 
La chapelle Ur Onea (la bonne eau en basque) accueille un pèlerinage marial depuis son édification en 1704 à la suite de la découverte d’une statuette en bois doré de la Sainte Vierge : d’après la légende, le Curé de l’époque l’aurait emmenée à l’église, d’où elle serait redescendue la nuit suivante pour signifier qu’elle désirait un lieu de culte à côté de la source de la « Bonne Eau » réputée pour guérir les maladies de peau, en particulier l’eczéma des enfants.

Une procession y avait lieu chaque lundi de Pentecôte.

Cette tradition a été ré-initiée en mai 2015, c’est aujourd’hui un temps fort du calendrier des animations du printemps.


récits de Martine Castell-D. pour le guide du patrimoine de Bidart