Bidart et la chasse à la baleine

La chasse était pratiquée entre les deux équinoxes d’automne et de printemps, de septembre à mars, quand les baleines « franches » ou dites « des Basques », venaient se nourrir dans le Golfe, de krill et de plancton.

Les harponneurs, à partir du port de l’Uhabia, allaient au contact des monstres, grâce aux bras des rameurs, à bord de nombreuses baleinières, après un franchissement sportif et dangereux de la « barre » des fortes vagues proches du rivage, appréciées des surfeurs d’aujourd’hui.
Les animaux tués étaient échoués sur la grève du port, pour y être découpés en gros morceaux de graisse, fondus pour obtenir de l’huile d’éclairage, dans des chaudrons sur des fours de pierre, dont il reste des vestiges au pied de la colline de Parlementia dans un chemin piéton derrière l’actuel poste de secours des MNS.

Dès le XVe siècle, cette chasse côtière périclite parce que les cétacés décimés sont de moins en moins nombreux à fréquenter nos rivages. Elle se déplace alors vers le nord de l’Europe et le nord-est de l’Amérique du Nord. Les Basques et les Bidartars restent de grands chasseurs de baleine et deviennent aussi des marins au long cours capables d’offrir leurs compétences dans tous les autres voyages maritimes, sur les bateaux de commerce, de guerre ou d’exploration, à l’instar du célèbre navigateur de Getaria, Sebastian Elcano qui termina, en 1521, le premier tour du monde entrepris par Magellan.


De ce passé de village de pêcheurs, il reste encore quelques vestiges visibles comme la tour de guêt Koskenia dans le quartier Parlementia au sud de Bidart, les chapelles Saint Joseph et Sainte Madeleine à flanc de falaise ou encore la maquette votive suspendue au plafond de l’église.
Le port de Bidart a quant à lui disparu, situé à l’embouchure de la rivière Uhabia. On y trouve aujourd’hui la plage de l’Uhabia, ses baigneurs et surfeurs. Les recherches, plans et maquettes de Michel Etcheberry, bidartar et riverain de la rue de l’Uhabia, ont permis de collecter des informations sur cette époque de l’histoire de Bidart. On en retient quelques anecdotes comme par exemple celle où en janvier 1607, des galions de la flotte océane du Royaume d’Espagne se sont échoués à la “Barra de Vidarte”, sur la plage proche du port.

Fin XVIIe, on dénombre 19 pinasses au port de Bidart pour la pêche côtière, ainsi qu’un petit chantier naval. Mais le port disparaît au milieu du XVIIIe siècle, victime d’éboulements, de tempêtes et d’ensablement. Alors, beaucoup de marins ont préféré la pêche hauturière à Saint-Jean-de-Luz et la Marine Royale (y compris des corsaires).


Deux des quatre chapelles de Bidart dominent les falaises, il s’agit des Chapelles Sainte Madeleine et Saint Joseph, elles étaient des repères pour les marins pêcheurs qui rentraient au port. Au sud, la chapelle Saint-Joseph symbolise l’union avec le village de Guéthary, ancien hameau séparé de Bidart au XVIe siècle. Le quartier porte le nom de « Parlamentia » en souvenir des réunions qui permettaient de parlementer sur les intérêts communs des deux communes : le port, l’eau… L’édifice date de 1684 et a été restauré en 2012. Chaque 19 mars, la paroisse y célèbre la fête de Saint Joseph, patron des pères de famille et des charpentiers, y compris ceux qui construisaient des bateaux !



*D'après les récits de Roberto & Martine - cf Guide du Patrimoine de Bidart

** Illustration Agathe Marcé